
Depuis quelques semaines déjà, l’hiver s’est installé sur notre lac en le recouvrant d’un manteau de glace et de neige. Mais que se passera-t-il au cours des prochains mois sous cette surface gelée?
Le Regroupement des associations pour la protection de l’environnement des lacs et des bassins versants (RAPPEL) fournit des explications intéressantes à ce sujet, dont voici des extraits.
Lors de la formation de la glace, les organismes vivant dans les lacs, comme les poissons, se retrouvent privés d’un accès d’oxygène à la surface. Cependant, c’est cette couche de glace qui protège le lac tout au long de l’hiver, et y maintient une température de l’eau avoisinant les 4 °C. La vie aquatique sous ce manteau gelé est ainsi préservée.
Sans échange avec l’atmosphère, l’oxygène présent sous la couche de glace représente l’entièreté du réservoir d’oxygène disponible pour le lac pendant toute la saison froide. Ce réservoir va devoir être partagé entre toutes les espèces aquatiques.
Ce que font certaines espèces pour survivre
Les invertébrés aquatiques, dont les moules et écrevisses, réduisent leurs activités, mais restent bien vivants ! Les poissons vont eux aussi réduire leur activité pour diminuer leur consommation en énergie et en oxygène, mais peuvent nager pour garder leurs branchies oxygénées. Il est rare de les observer en surface, et ils auront tendance à passer l’hiver au fond des plans d’eau.
Les amphibiens et reptiles aquatiques sont capables de passer l’hiver entier sous l’eau, et ce, même en présence de glace à la surface. Ainsi, certains hibernent exposés sur le fond des lacs, ou bien cachés dans des cavités aquatiques (pierres, bois, racines, etc.). C’est notamment le cas du ouaouaron, de certaines grenouilles (léopard, verte, du Nord, des marais), des tritons verts adultes et de certaines tortues (peinte, serpentine, etc.).
De plus, la période de gel des lacs est un moment de calme permettant la sédimentation de certaines matières en suspension. Parmi elles se trouvent des sédiments, de la matière organique et des résidus divers. Ces éléments proviennent majoritairement du bassin versant ou de la mort d’organismes aquatiques.
Les matières organiques présentes dans ce dépôt seront décomposées par les bactéries du lac, qui consommeront l’oxygène stocké. Dans plusieurs lacs, ce phénomène entraînera des déficits en oxygène (anoxie ou hypoxie) à la fin de l’hiver. D’où l’importance de la recharge en oxygène au printemps, lors du brassage de l’eau après la fonte des glaces!
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